La FEPS en faveur d’un article constitutionnel sur les religions

Les relations entre l’État, qui défend le principe de la neutralité religieuse, et les communautés religieuses nécessitent une réglementation adéquate dans la Constitution fédérale. Tel est l’avis exprimé par Thomas Wipf, président de la FEPS, devant l’Assemblée des délégués de la FEPS.

Les relations entre l’État et les communautés religieuses nécessitent une réglementation adéquate au niveau fédéral, sous la forme d’un article constitutionnel. C’est le message adressé aujourd’hui par le président de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS), le pasteur Thomas Wipf, à l’Assemblée des délégués de la FEPS à Herisau.

Cette question de l’article sur les religions connaît un regain d’actualité depuis l’adoption de l’initiative anti-minarets par le souverain helvétique, l’année dernière. Le Conseil fédéral a lui aussi constaté dans sa réponse à une intervention parlementaire qu’il n’est plus opportun que la Confédération se tienne en retrait du débat lorsqu’il s’agit de discuter des relations entre communautés religieuses, État et société.

« Le Conseil de la FEPS approuve le principe de la neutralité religieuse de l’État, une attitude qui tient compte du fondement judéo-chrétien et humaniste de la Suisse », déclare M. Wipf. La FEPS est par ailleurs d’avis que « l’encouragement de la compréhension et du respect mutuel des religions constitue une tâche dans laquelle l’État a son rôle à jouer». M. Wipf est d’avis que « la Confédération doit jouer un rôle qui facilite ce dialogue, et que cette tâche doit être ancrée explicitement dans la Constitution fédérale ». Il estime en outre que la Confédération doit tenir compte des intérêts des communautés religieuses et qu’elle doit pouvoir soutenir les activités que ces dernières fournissent en faveur de la collectivité. Enfin, la FEPS est d’avis que les cantons doivent pouvoir continuer de conférer un statut juridique particulier aux communautés religieuses.

En 1999 déjà, la FEPS avait émis des propositions dans ce sens. Et en 2002, un groupe d’experts de la FEPS avait présenté plusieurs variantes de formulations pour une telle disposition, qui avaient toutes en commun de relever le rôle positif joué par les communautés religieuses dans la société.

M. Wipf annonce que « le Conseil de la FEPS entend faire entendre activement ses vues dans le débat. » D’ores et déjà, la FEPS entretient des contacts avec l’Office fédéral de la justice pour ce qui est des aspects juridiques de la question. Par ailleurs, le Conseil défend la proposition de la FEPS dans ses entretiens avec les partis nationaux.