bulletin 1/2013

L’Église évangélique réformée du Canton de Glaris

Hôte de l’Assemblée des délégués 2013

Fridolin. L’Irlande. Landolf et Urso, un squelette. L’Allemagne et la captation d’héritage. La trame d’un roman policier ou d’un article de presse à sensation sur l’appartenance de la Suisse à l’UE ? Non. Le Pays de Glaris.

Fridolin, né Irlandais, était croyant et a vécu il y a quinze siècles. Messager de la foi de son métier, il s’est mis en route pour Glaris. La légende rapporte qu’il a reçu en don d’Urso mourant une grande partie du Pays de Glaris. D’où l’entrée en scène du frère d’Urso, Landolf. Une contestation d’héritage s’ensuit. Fridolin, non sans habileté, appelle à l’aide dans son tombeau Urso, mort entre-temps. Urso se rend devant le tribunal, mais il est déjà tombé en décomposition. Landolf en est tellement effrayé qu’il fait don de sa propre part du Pays de Glaris au messager irlandais de la foi Fridolin. Fin de la légende. La dernière demeure ultérieure d’Urso est inconnue, Fridolin quant à lui passe depuis lors pour le saint patron de la captation d’héritage.

Et cet héritier irlandais est à ce jour le seul être humain à figurer sur des armoiries cantonales en Suisse. Autre particularité : Fridolin porte une bible à la main. C’est à son influence sans doute que l’on doit la première église construite à Glaris, au VIe siècle. On ne sait si Fridolin, en route depuis l’Irlande, a séjourné au cloître de Säckingen en Allemagne ; quoi qu’il en soit, le Pays de Glaris a été soumis à ce cloître quelques siècles seulement plus tard.

« À l’amman, au Conseil et à la paroisse du Pays de Glaris », Zwingli a dédicacé en 1523 son ouvrage sur la Réforme. Cela eut de l’effet – jusqu’en 1530, la majorité des Glaronaises et des Glaronais étaient réformés. Mais ils ne l’étaient donc pas tous. Des solutions adéquates ont dû être trouvées. Elles l’ont été par exemple avec l’utilisation commune de l’église de Glaris par la paroisse réformée et la paroisse catholique romaine. Cela a duré quelques années, jusqu’en 1964, jusqu’à la consécration de l’église catholique Saint-Fridolin. Là se clôt un cycle.

Et aujourd’hui ? Il y a encore quelque 35 % de réformés dans le canton, ce qui correspond à bien 11 000 personnes, réparties sur treize paroisses. Le Conseil d’Église de sept membres est présidé par Ulrich Knoepfel, luimême pasteur à Obstalden.

Sous le titre « L’Église glaronaise réunit les générations », les réformés ont lancé un projet de réforme de l’Église cantonale, qui doit se conclure exactement avant les célébrations, dès 2017, du Jubilé de la Réforme. Église quotidienne, Église célébrante, Église culturelle et Église apprenante, c’est ce que veut être l’Église glaronaise qui réunit les générations. Un « espace de vie et d’hospitalité avec de nombreux accès ».

C’est un espace de travail et d’hospitalité qu’offriront les réformés glaronais cet été déjà. À la mi-juin, l’Assemblée des délégués de la Fédération des Églises se réunira à Filzbach, à l’invitation de l’Église évangélique réformée du Canton de Glaris.